25.06.2010
vacances
Vivent les vacances!!
profitons en pour décompresser surtout côté matière grise: rendons à nos neurones liberté de déconner en tous sens et en toute sensualité pour qu'en Septembre nous revenions plein d'idées créatives à partager...
n'oublions pas il y a le monde à changer, et ça urge.....
et merci à Anne Emmanuelle pour cette superbe peinture ... (c'est une peinture , enfin une photo d'une peinture, et non pas la photo d'une plage )
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18.06.2010
les ateliers du changement prennent l'air
boycottons le mondial : du pain et des jeux très peu pour nous!!
de la culture et de la convivialité, une façon de désobéir au quotidien!! et merci à didier pour ce compte rendu en image/hommage
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15.05.2010
compte rendu du 13 mai
Cette soirée aura été un nouveau moment d'échanges intensément sympathiques et ô combien chaleureux en ces périodes glaciaires de dépression boursière...
J'avais précisé comme thème lors de l'invitation, (je m'aperçois que je n'ai pas relayé sur le blog...) "quelles thérapies en temps de crise?... l'Art?", Nous avions parmi nous un artiste argentin peintre architecte, Edgardo Berjman, qui a beaucoup cherché dans sa jeunesse des moyens d'expression originaux: il a destructuré une pellicule de film en la grattant en peignant dessus, ça a donné une oeuvre visuelle de trois minutes "estructura" en 1958, qui est visible dans les collections permanentes du musée d'art moderne Georges Pompidou. Aujourd'hui il s'intéresse à créer des formes en mouvement avec des laser...
Il faudra qu'il nous en dise plus long une autre fois! Nous ne sommes pas rentrés dans les détail des conceptions artistiques personnelles pour rester plutôt dans l'idée de répondre à "comment s'en sortir aujourd'hui": l'art développe la sensibilité et la sensibilité ne serait elle pas ce qui nous manque le plus cruellement aujourd'hui ? je parle de sensibilité de Soi....
En guise de compte rendu ces éclaircissements (qui n'en seront peut-être pas pour tout le monde...) pour prolonger la conversation sur la sensibilité de Soi ou 6ème sens? : celui constitué par les capteurs proprioceptifs dont le rôle s'avère ....largement sous estimé par une époque où fouiller les tréfonds du corps n'a guère été encouragé.
EXTERNALISATION
Nous avons externalisé nos rapports à nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous « penser » sans passer par les autres aujourd'hui parce que nous n'avons pas développé le sens de Nous intérieur ! Oui, ce sens nous l'avons, nous avons tout ce qu'il faut pour nous ressentir de l'intérieur, il repose sur la proprioception. On ne le savait pas parce que les chercheurs avaient autre chose de plus spirituel à faire qu'aller mettre les mains dans la merde et le sang de notre incarnation !
La proprioception pourtant fait partie du système qui permet d'assurer l'homéostasie du corps (l'homeostasie c'est à dire des conditions d'exercice stable dans un environnement instable): un "système" indispensable! Il s'agit de maintenir la temparature du corps autour de 37, le ph des liquides vitaux, les quantités de sel, sucre, magnésium ... bref. Il existe donc toute une batterie de capteurs régulateurs dans le cas de la propriception ils sont chargés de maintenir le bon degré de tonus des muscles dans chaque geste par rapport à la force de gravitation. Et cette régulation se traite en général sur le mode réflexe. Cependant dans le cas de la perception proprioceptive, en même temps que les mesures et l'ajustement réflexe , il y a la sensation qui remonte au cortex conscient : la sensation produite par la contraction de nos muscles dans les différentes postures et c'est cette sensation là qui nous permet de construire le schéma corporel, la base le fondement de la conscience de Soi élargie!
Nous nous construisons par contact permanent avec le monde , l'environnement et les autres... un humain ne devient humain que s'il rencontre d'autres humains, la pensée ne se développe que si elle a de quoi penser ! Un peu comme les fibres musculaires, si on s'en sert pas elles s'atrophient..
Finalement à l'inverse de la pile wonder qui elle ne s'use que si l'on s'en sert , la Vie n'existe que si on s'en sert le plus possible, pour faire des rencontres diverses et des expériences tout aussi diverses et multiples.
La dernière chose que l'on vient de découvrir par exemple c'est que les dendrites du neurones se multiplient tout au long de la vie alors que le nombre de neurones diminuent : cela a révolutionné l'idée que la médecine traditionnelle se faisait des phénomènes de vieillissement. On avait tellement intériorisé que « cerveau vieux égale cerveau foutu » ! Et voilà que ça pourrait bien être l'inverse, cerveau vieux égale cerveau plus riche, plein de connexions : sauf que les tissus les muscles les os autour, continuent eux en revanche de vieillir.
Cependant cette découverte de la fabrication de dendrites à tout age a donné à certains chercheurs l'impulsion qui leur manquait pour travailler au-delà des évidences se disant que : si le cerveau ne vieillit pas, (au sens où on l'entendait) ce n'est pas logique que le reste du corps subisse l'outrage du temps, il y a là manque de cohérence qui ne peut pas venir de la nature ! La nature fait tout de manière très cohérente ! ....Il doit donc y avoir un moyen de vivre autrement, en transformant peut-être ses propres déchets en énergie nouvelle, ou en sécrétion d'hormones qui répareraient les cellules de la peau ou .... peu importe après tout, l'essentiel est d'avoir commencé à changer de point de vue . Et changer de point de vue n'est-ce pas la première étape pour sortir d'une impasse....
Pour en revenir à l'extériorité: Nous sommes construits tous sans exception mais à des degrés divers, par rapport à une extériorité qui prend trop d'importance : il y a donc de fait déséquilibre intérieur extérieur dans notre manière de nous construire. Le regard des autres nous sert de jauge et notre apparence est notre carte de visite. Le sentiment que nous avons de nous-mêmes émerge entre ce qui est socialement admis, ce que nos éducateurs auront pu «modeler », et ce que nous aurons réussi à changer ! ... Du coup , nous ne nous en rendons généralement pas compte, mais l'opinion que nous avons de nous mêmes, (quand nous réussissons à savoir déjà précisément ce que nous sommes et qui nous sommes) nous vient des autres dans une mesure trop grande: entre autres par les jugements qu'ils forgent à notre sujet , d'après des apparences des gestuelles, un mot mal interprété, et d'après plus simplement leur propre capacité à appréhender le monde...
Un enfant a qui on a répété t'es faible, t'es une chiffe molle, t'es trop mou, tu vas te faire avoir etc....pendant tout son enfance, va incorporer cette idée de lui qui agira par la suite comme un frein : il faudra d'abord détruire cette idée pour que puisse s'en installer d'autres plus structurantes ! Encore faut il que l'époque lui permette de SE ressentir de l'intérieur .. afin de se construire de façon harmonieuse entre son ressenti interne et les ressentis externes, l'équilibre intérieur extérieur semble indispensable pour atteindre cette harmonie que nous recherchons tant et dont il apparaît que nous sommes tous actuellement sur cette planète très éloignés.. vu la violence croissante dans les rapports interindividuels.
Un ressenti de soi solide permettrait d'adapter soi-même ses actions aux circonstances de manière cohérente: on est tout de même mieux à piloter un navire depuis le poste de pilotage que sur le quai !!
Pour en revenir à l'enfant qu'on éduque à coup de jugements: cela nous montre qu'en fin de compte c'est l'idée que nous nous faisons des choses qui compte, pas la chose elle même ... Ne vous est-il pas arrivé souvent de vous sentir humilié, détruit par un simple regard de l'autre, regard que vous aurez interprété comme négatif envers vous ? Cela m'est arrivé, et dans la semaine qui a suivi j'ai croisé la personne et j'ai pu lui parler : elle n'avait pas imaginé une seconde le cirque que je me suis fait, à propos de ce que je croyais qu'elle croyait de moi... et qui me bloquait !! étant elle-même dans un sale état consécutif à une avalanche d'incidents divers, bref, on a bien rigolé ....
Le réel n'a de prise sur nous, qu'à travers l'idée que nous nous faisons du lui !
contruction de la pensée: Nous construisons notre « esprit » par représentations mentales, (ce que Damasio appelle une cartographie) ou projections des expériences sensori-motrices dans les cortex somatosensoriels (qui reçoivent aussi les influx proprioceptifs musculo tendineux) Tous les influx forment des "plans" avec liens,( les liens ce sont les dendrites) par exemple: perception d'un tapis d'orient: l'odeur du tapis est perçue en même temps que sa douceur et le cri du muezzin en arrière plan. Tous ces plans ou cartes mentales seront ensuite catalogués c'est à dire étiquetés regroupés nommés, par le langage principalement .
Une nouvelle « information » arrive t'elle au cerveau qu'immédiatement les neurones cherchent à l' « interpréter » en la rapprochant de tout ce qui existe déjà pour savoir où ranger cette info : tout ce qu'on peut appeler erreur d'interprétation survient à cette étape.
Et nous comprenons ici une des spécificités de l'homme : la réalité passe par le filtre de notre mental, ce qui revient à dire que nous fabriquons le réel à chaque instant dans nos cerveaux : cela évite d'être en prise directe avec ce réel ! La paramécie est en prise directe avec le réel nous non ! Nous pouvons faire « comme si », les enfants s'y entrainent d'ailleurs pendant toute leur jeunesse, et les adultes toutes les nuits ! les rêves ont prise sur le réel-corps (leur environnement immédiat) une image , du virtuel donc peut provoquer de l'angoisse avec frisson sueurs froides... ou des rires, des pleurs : c'est la chose la plus extraordinaire qui soit donnée, cette construction cérébrale qui autorise une interprétation du Monde, et en retour une réaction concrète de l'interprétation du monde sur nous mêmes.
Nous nous sentons tristes parfois sans raison aucune, nos émotions avec leur corollaire physiologique, peuvent être « activées » uniquement par la pensée....Les comédiens travaillent pas mal là dessus pour rendre crédible leur personnage : on dit qu'ils habitent leur rôle de l'intérieur, et donnent ainsi de l'épaisseur au personnage...
En fait tout fonctionne comme si nous avions réellement une copie du monde extérieur à l'intérieur de nous à partir de laquelle nous « travaillons » sans vraiment avoir besoin de la réalité concrète : de nombreux malades mentaux se prenant pour d'autres, s'imaginant habiter un château de conte de fée alors qu'ils sont en prison, les victimes d'hallucination, la possibilité d'être hypnotisé.... témoignent en quelque sorte de cette « étrangeté » du fonctionnement de l'esprit humain.
Une étrangeté bien pratique en tous cas quand tout va bien et qu'il n'y a pas lieu d'enfermer l'individu, car c'est elle qui explique (en l'indiquant) comment il est possible d'agir sur le concret, sur la matière, en remarquant toutefois que cette capacité est issue elle-même de la matière qui nous sculpte en même temps que nous la sculptons...
Nous incorporons le Monde dans lequel nous sommes qui se trouve alors en nous , mieux : qui EST nous.... là seulement là, nous pouvons agir sur lui.... Agir sur le monde revient donc à agir sur nous ...
Nous sommes dans le Monde en même temps qu'il est en nous.
Une causalité encore difficile à comprendre pour nos cerveaux qui sont formatés pour piger des relations de cause à effet linéraires : ici de la matière, là un esprit, c'est bien séparé délimité, et on peut se « représenter » l'interaction de l'un SUR l'autre, souvent confondue avec l'un CONTRE l'autre mais si la matière devient un peu l'esprit et vice versa...on a plus de mal forcément à se représenter avec nos vieux « projecteurs », le nouveau type de rapports entre les deux !
Pourquoi se prendre ainsi la tête me direz vous ? Et bien parce que cette nouvelle manière de voir les choses est très féconde... elle permet d'expliquer beaucoup de nos erreurs.... et nous donne une voie d'exploration nouvelle non plus linéaire et désintégrante, mais intégrante et multifactorielle. Et donc elle nous donne aussi .. de l'espoir !
Rapports entre la personnalité profonde, la conscience de soi et l'homéostasie /proprioceptivité?
les injonctions culturelles normatives résultant du passé (famille, ancêtres) s'inscrivent directement sans nécessairement passer par la parole, dans le tonus postural.
Ca n'est pas une surprise : toutes nos émotions s'expriment à travers un degré de tension musculaire précis.
Elles finissent par agir comme des réflexes, des habitudes incrustées, qui n'ont plus besoin pour exercer leur influence d'être rappelée consciemment. Le processus « naturel » fait que ces habitudes culturelles sont tissées petit à petit dans tous nos comportements.
Ainsi donc s'inscrivent en nous, sans notre validation active, toutes les règles édictées par nos prédécesseurs, elles s'incrustent profondément et si nous n'y prenons jamais garde, elles se cristallisent sous forme durable selon le processus décrit plus haut et jouent ensuite le rôle de murs d'une prison dans laquelle nous devenons otages...
Jusqu'à ce que nous allions y mettre le nez. En général la première prise de conscience n'est pas joyeuse ! Impossible que j'ai tout cela en moi, moi qui me croyais libre ! Mais ces inscriptions sont obligatoires pour que nous puissions nous forger totalement : ce qui n'est pas « normal » c'est de n' avoir jamais eu son mot à dire, de ne les avoir jamais validées soi-même parce que dans ce cas, on ne peut plus agir dessus....
On se retrouve un peu dans la situation de Marcel, possesseur d'un ordinateur absolument fabuleux, qui achète un logiciel permettant de réaliser de nombreuses créations. Sauf que le mode d'emploi n'est pas livré avec. Et Marcel n'y connaît rien. Il n' a pas le temps non plus de prendre le temps d'apprendre. Il veut que son logiciel marche tout de suite. Il a de l'argent, et il connaît des gens qui s y' connaissent à sa place, banco, il les laisse faire.
Et en effet il se débrouille, mais à chaque petit bug, ce sont des énergies considérables qu'il dépense à se lamenter, s'arracher les cheveux, téléphoner trouver quelqu'un de disponible... qui puisse réparer etc..
Il eut été si simple de regarder comment le « spécialiste » s'y prenait, comment fonctionnait le logiciel ... pour pouvoir lui-même l'utiliser au mieux.
l'inscription corporelle du monde:
Dans notre culture on serre la main pour dire bonjour à quelqu'un qu'on ne connaît pas. On ne parle pas en mangeant, on ne pète ni ne rote en public, on pleure aux enterrements, les femmes s'épilent les jambes et sous la bras, etc.... Pas besoin d'enseigner à l'enfant ces règles, elles s'absorbent directement par imitation pour ainsi dire. Ma fille à 10 ans m'a posé des questions sur les techniques dépilatoires par exemple, pour quand il faudrait qu'elle y passe, elle aussi ! (l'épilation des jambes c'est barbare et douloureux! comme rite initiatique ça ne laisse aucun doute sur le type de statut du corps préconisé par la société dans la quelle se préparent à entrer nos ado ) Elle m'a posé des questions mais jamais n'a remis en cause la nécessité de s'épiler ! l'épilation des jambes s'est inscrite directement dans ses configurations neuronales qui gèrent le corps.
c'est une norme. Le social édicte les normes corporelles. qui s'inscrivent dans le tonus postural. qui est géré par la proprioceptivité.
La proprioceptivité est d'une importance fondamentale au sens où cette sensibilité gère absolument toutes les conditions de notre Etre au monde ici et maintenant !
La chose à retenir c'est qu'avec le tonus musculaire nous possédons une sorte de plaque sensible qui photocopie le monde extérieur, photocopie à partir de laquelle nous nous organisons. Nous pouvons rester organisé par l'extérieur, c'est-à-dire conserver en nous intact ce qu'on nous « impose », par confort, méconnaissance, incapacité ou grande paresse ou bien nous servir de nos capacités créatrices, adaptatrices et travailler à transformer tout ce « capital » légué en mieux être pour nous et les autres.
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